Dans quelle intention ?
La confiance est un élément clef pour nous resserrer les liens qui nous lient aux autres. Ces jeux proposent à chacun de mettre en lumière ce dont il a besoin pour se sentir en confiance, le mettre en œuvre ou le demander à l’autre. Ces jeux gagnent à être débriefés, car la mise en mot (et donc la mise en commun) des conforts, des inconforts. Les inconforts seront reformulés et questionnés de façon à ce que le-la participante conçoive une manière de faire plus secure et confortable de jouer. Ceci en mobilisant ses propres ressources ou en sollicitant des ressources (informations, contact, etc.) de la part de son partenaires de jeu ou du groupe. Être au contact de la vulnérabilité de chacun (de ses forces et de ses faiblesses, de ses compétences et de ses manques) et faire des demandes sont des éléments déterminant pour faire grandir la confiance au sein d’un groupe. Ces jeux pose questionnent et accompagnent le développement de la capacité de chacun à inclure ses propres limites (physiques, émotionnelles, etc.) et celles des autres.
Aussi, pour accompagner la croissance de chacun-e l’animateur est invité à commencer par des jeux de « diagnostic », peu impliquant pour que la mise en difficulté d’une personne et/ou groupe, si elle advient ne soit jamais un échec insurmontable. Car si le groupe explose ou se résigne, la capacité de chacun-e à faire et être en confiance peut-être mise à mal plutôt que de croître. La confiance ne se décrète pas, elle se gagne par la vérification permanente de la solidarité et de la bienveillance au sein du groupe. Elle peut se briser facilement, mais se construit sur la durée. Les jeux en aveugle sont de bons thermomètres en la matière.
Guide et aveugle
Les participants se placent 2 par 2. L’un ferme les yeux et joue l’aveugle, l’autre le guide à travers la pièce. L’animateur peut prévoir un parcours avec des obstacles. Ensuite, ils échangent les rôles.
Le train
Les participants sont par groupes de 3 ou 4 et forment un train.
L’un des joueurs est la locomotive, les autres sont les wagons et ferment les yeux. Ils se laissent guider par la locomotive.
Le joueur locomotive doit donc veiller à ce que ses « wagons » puissent suivre son rythme et sa trajectoire.
Les « wagons » doivent faire confiance à leur locomotive.
La locomotive et les wagons peuvent communiquer : demander à aller moins vite pour les wagons, proposer d’aller plus vite pour la locomotive.
Plus il y a de participants et de trains, plus ce jeu est drôle car on se frôle, on s’arrête pour laisser passer un train, on accélère pour éviter une collision.
Le 8 en aveugle
2 personnes se placent debout à 7 ou 8 mètres d’intervalle. Les autres joueurs-euses se positionnent de sorte à former un écran de protection autour de la zone de jeu, pour protéger le ou la joueur-euse. 1 personne se place au départ de la zone de jeu, et on lui bande les yeux. Le but sera de former un 8 autour des deux personnes centrales, et de revenir à son point de départ. Le jeu se déroule en silence pour éviter les points de repère sonores.
Quand chaque personne qui le désire est passée, il est possible de passer par 2, avec un contact entre les personnes mais sans parole. Il est également possible de constituer un « môle » de tout le monde, et des chaises sont placées au centre. L’animateur-trice est donc seul-e garant-e de la sécurité du groupe dans cette configuration.
Ce jeu est intéressant, car être plongé-e dans le noir et dépendre des autres pour assurer sa sécurité est une expérience très impliquante. De même, les autres dépendent en partie de ma capacité en tant que joueur-euse à assurer leur sécurité dans l’espace. Enfin, ce jeu fait appel à nos seuls ressentis et représentations, et se trouver « perdu-e » et désorienté-e est riche d’enseignements. Responsabilité, co-dépendance et solidarité sont à l’œuvre.
Le jeu de la bougie
L’animateur s’assure avoir noté les différents prénoms sur une feuille (sauf s’il-elle les a déjà tous mémorisés) en amont du jeu. Ensuite, il demande aux joueurs de déambuler dans un espace défini, en occupant l’intégralité du lieu (on cherche à éviter les paquets de personnes). Il cite ensuite un prénom, et la personne appelée doit commencer à « fondre » – à se ramollir sur ses jambes en vacillant et en se rapprochant du sol – suffisamment doucement pour que les autres joueurs puissent se précipiter pour la relever, avec douceur.
Il aussi possible d’introduire une variante : c’est la personne qui a fondu qui appelle la personne suivante ; dans ce cas, l’animateur reste vigilant à ce que chaque personne soit bel et bien appelée.
Pour ajouter du piquant au jeu, l’animateur peut en milieu de partie appeler deux prénoms simultanément ou encore demander aux participant-e-s de dire les prénoms eux-mêmes.
Ce jeu de prénoms intègre le contact physique, la conscience des autres et de l’espace, et la responsabilité individuelle et collective dans l’action.
Jeux associatifs de communication extraits de la “Récolte de petits jeux” de Leeo Moure,
Texte de Chloé di Cintio